Tbilissi

Capitale de la Géorgie installée sur les deux rives de la Mtkvari, au pied du Grand Caucase, Tbilissi compte environ 1,33 million d'habitants et remonte à une fondation royale du Ve siècle. Ses sources sulfureuses, ses maisons à balcons de bois et la citadelle qui domine la vieille ville composent le décor d'une cité de carrefour, plusieurs fois détruite et toujours reconstruite.

Tbilissi, capitale de la Géorgie

Tbilissi réunit sur les deux rives de la Mtkvari les fonctions politiques, économiques et universitaires d'un pays de moins de quatre millions d'habitants. Fondée au Ve siècle, détruite et relevée une vingtaine de fois, elle forme aujourd'hui une agglomération d'environ 1,33 million d'habitants adossée aux contreforts du Grand Caucase.

Situation et territoire

La ville s'inscrit dans l'est du pays, à l'endroit où la Mtkvari, que le russe et le persan nomment Koura, franchit un verrou montagneux entre le plateau de Djavakhétie et la plaine de l'Iori. Le territoire municipal couvre un peu plus de cinq cents kilomètres carrés, dont une large part de versants boisés, de réserves et de friches. L'altitude varie de 380 à 770 mètres, ce qui produit des écarts sensibles de température et d'ensoleillement d'un quartier à l'autre. La capitale se trouve à une vingtaine de kilomètres de l'ancienne capitale Mtskheta, à une centaine de kilomètres de la frontière russe et à environ 350 kilomètres de la mer Noire.

Repères historiques

Le nom de la ville renvoie au géorgien tbili, tiède, en référence aux sources sulfureuses qui affleurent au pied de la vieille ville. Capitale du royaume d'Ibérie au VIe siècle, siège d'un émirat arabe pendant près de quatre siècles, capitale de la Géorgie réunifiée à partir de 1122, la cité a subi les invasions mongoles, timourides, persanes et ottomanes avant l'annexion russe de 1801. Chef-lieu du Caucase impérial, puis capitale d'une république soviétique, elle a porté le nom de Tiflis jusqu'en 1936. Depuis 1991, elle est la capitale d'un État indépendant, reconnu candidat à l'Union européenne en décembre 2023, dont le processus d'adhésion demeure suspendu depuis la fin de 2024.

Architecture et urbanisme

La physionomie de Tbilissi tient à la superposition de strates bâties. Les ruelles de la vieille ville, avec leurs maisons de bois à balcons ouvragés et leurs cours partagées, jouxtent le damier régulier tracé sous l'administration impériale au XIXe siècle, bordé d'immeubles néoclassiques et Art nouveau. Les quartiers soviétiques alignent à partir des années 1960 des ensembles de panneaux préfabriqués sur les hauteurs du nord et de l'est. Depuis les années 2000, des ouvrages contemporains de verre et d'acier se sont insérés dans ce tissu, non sans controverse sur leur rapport au bâti ancien. La conservation des maisons à balcons, fragilisées par l'humidité et par des rénovations hâtives, mobilise associations de défense du patrimoine et programmes municipaux de réhabilitation.

Panorama de Tbilissi depuis le téléphérique, la Mtkvari et le pont de la Paix

Économie

La capitale porte l'essentiel de l'appareil productif national et abrite les sièges des banques, des opérateurs de transport, des grandes enseignes commerciales et de l'administration centrale. Le tertiaire domine largement, l'industrie s'étant repliée après 1991 sur quelques sites de l'est de la ville. Le tourisme, les technologies de l'information, la construction et la logistique ont structuré la croissance des années récentes. L'arrivée de dizaines de milliers de ressortissants russes et biélorusses depuis 2022 a soutenu la consommation et la création de sociétés, tout en tendant un temps le marché du logement.

Culture et enseignement

Tbilissi abrite l'université d'État fondée en 1918, première université de langue géorgienne, ainsi que le conservatoire, l'académie des beaux-arts et la plupart des musées nationaux. La ville entretient une tradition théâtrale et cinématographique reconnue bien au-delà du Caucase, une scène musicale électronique apparue dans les années 2010 et un réseau de galeries installées dans d'anciens bâtiments industriels. Le chant polyphonique géorgien et l'alphabet mkhedruli figurent sur les listes du patrimoine immatériel de l'Unesco. La fête municipale de Tbilissoba, célébrée chaque automne, rassemble les habitants autour des vendanges.

Transports

La ville dispose d'un métro ouvert en 1966, d'un parc d'autobus renouvelé depuis 2016, d'un téléphérique et d'un funiculaire. L'aéroport international Chota-Roustavéli, à dix-sept kilomètres du centre, la relie à une cinquantaine de destinations par plus de quarante compagnies. La gare centrale dessert la mer Noire ainsi que l'Arménie et l'Azerbaïdjan, tandis que les gares routières de Didoubé, de Samgori et d'Ortatchala couvrent les liaisons régionales et internationales. La route militaire géorgienne au nord et le corridor est-ouest vers Batoumi forment les deux axes routiers majeurs.

Administration

Tbilissi constitue une municipalité autonome dotée d'un maire élu et d'un conseil municipal, le sakrebulo, et se divise en dix arrondissements. Son statut particulier la place en dehors du découpage régional appliqué au reste du pays.

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