La vie sociale de Tbilissi repose sur des usages hérités du monde rural géorgien, que la ville a conservés en les adaptant. Le repas partagé, le calendrier de la vigne et l'accueil des hôtes en forment les axes principaux.
La supra désigne le banquet géorgien, dont le nom vient du mot qui signifie nappe. Un maître de table, le tamada, y conduit les toasts selon un ordre établi, qui va de la paix et de la patrie aux parents disparus, aux enfants et aux convives. Chaque toast s'ouvre par une prise de parole que l'assemblée écoute sans boire, avant que le verre ne circule. Une supra de fête se distingue du repas de funérailles, qui suit ses propres règles. La charge de tamada suppose de l'éloquence et une bonne résistance au vin.
Les vendanges de rtveli rythment les mois de septembre et d'octobre. Beaucoup de familles de la capitale rejoignent alors leurs proches en Kakhétie ou en Iméréthie pour la récolte, suivie d'un repas collectif. La vinification en qvevri, grande jarre d'argile enterrée où le moût fermente avec les peaux et les rafles, a été inscrite en 2013 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'Unesco. Caves urbaines et bars à vin ont remis cette méthode au goût du jour depuis les années 2010.
Célébrée pour la première fois en octobre 1979, la Tbilissoba marque la fête de la ville dans la seconde moitié d'octobre. Les rues de la vieille ville et les berges de la Koura accueillent concerts, foires des régions, pressoirs en plein air et remise de distinctions municipales.
La polyphonie vocale accompagne les tables comme les cérémonies, avec des répertoires distincts selon les provinces d'origine des chanteurs. La danse géorgienne, portée par des troupes professionnelles et par de nombreuses écoles de quartier, oppose des figures masculines acrobatiques à un port féminin retenu.
Le 7 janvier, la procession d'Alilo traverse le centre de Tbilissi jusqu'à la cathédrale Sameba, les participants recueillant des dons redistribués à des orphelinats et à des maisons de retraite. Les mariages associent une cérémonie religieuse à une réception de plusieurs centaines d'invités, et les baptêmes gardent une forte portée sociale.
Un proverbe géorgien fait de l'hôte un envoyé de Dieu, formule qui résume une obligation d'accueil encore vivace. Le pain en occupe le centre, en particulier le chotis pouri, galette allongée plaquée contre la paroi brûlante d'un four en terre appelé toné. Les boulangeries de quartier qui cuisent de cette façon restent nombreuses dans la capitale.