Religions à Tbilissi

Capitale d'un pays christianisé dès le IVe siècle, Tbilissi est dominée par l'orthodoxie géorgienne, mais sa position de carrefour caravanier y a laissé églises, mosquée, synagogues et sanctuaire zoroastrien dans un périmètre restreint.

Église orthodoxe géorgienne

L'autocéphalie de l'Église géorgienne remonte au haut Moyen Âge. Abolie par l'Empire russe en 1811, elle fut rétablie unilatéralement en 1917, reconnue par Moscou en 1943, puis par le patriarcat de Constantinople en 1990. Un concordat signé avec l'État en 2002 consacre le rôle particulier de l'institution sans établir de religion officielle. Le patriarche Ilia II, à sa tête depuis 1977, est mort le 17 mars 2026. Le Saint-Synode a élu Shio III le 11 mai 2026 et son intronisation a eu lieu le lendemain à Svétitskhovéli. Le patriarche jouit d'une audience considérable dans la société géorgienne, même si les enquêtes d'opinion montrent une érosion de la confiance depuis la fin des années 2000.

Principaux sanctuaires orthodoxes

La cathédrale de la Sainte-Trinité, dite Sameba, domine la colline d'Élia à Avlabari. Construite entre 1995 et 2004 sur des plans d'Artchil Mindiachvili, haute de 86 mètres, elle sert de siège patriarcal depuis sa consécration. La cathédrale Sioni, dans la vieille ville, fut reconstruite par David IV en 1112 et conserve la croix en sarments de vigne attribuée à sainte Nino. L'église Metekhi surplombe la Koura depuis son rocher, tandis que la basilique d'Anchiskhati, élevée au VIe siècle, passe pour le plus ancien édifice religieux conservé de la ville.

Minorités chrétiennes

L'Église apostolique arménienne dispose de lieux de culte hérités de la forte présence arménienne du XIXe siècle, dont la cathédrale Saint-Georges. La paroisse catholique des Saints-Pierre-et-Paul et des communautés orthodoxes russes complètent ce paysage.

Islam

La mosquée Djuma, au pied de la forteresse Narikala, fut reconstruite en 1895 après plusieurs destructions. Seule mosquée subsistante de la vieille ville, elle réunit depuis 1996 sunnites et chiites dans une même salle de prière, le rideau qui les séparait ayant été retiré.

Judaïsme et cultes anciens

La présence juive en Géorgie se compte en siècles et la Grande Synagogue de la rue Kote Afkhazi, bâtie entre 1904 et 1911 par des familles venues d'Akhaltsikhé, en reste le témoin principal. L'émigration vers Israël a fortement réduit la communauté à partir des années 1970. L'Ateshgah, temple du feu d'époque sassanide, constitue le vestige zoroastrien le plus septentrional connu. Un temple yézidi a par ailleurs été érigé dans les années 2010.

Héritage de l'athéisme soviétique

Sept décennies de politique antireligieuse ont fermé de nombreux lieux de culte, transformés en entrepôts ou en salles de spectacle. La pratique a repris après 1991 et l'affiliation orthodoxe déclarée dépasse huit Géorgiens sur dix, avec une observance variable selon les générations.