Langue et communication à Tbilissi

La capitale géorgienne parle une langue sans parenté connue avec le français, écrite dans un alphabet propre, où le visiteur croise aussi du russe, de l'anglais, de l'arménien et de l'azéri.

Géorgien et famille kartvélienne

Le géorgien relève de la famille kartvélienne, isolée, avec le mingrélien, le laze et le svane. Aucun lien de parenté n'y est établi avec les langues indo-européennes, turciques ou sémitiques. Environ 3,8 millions de personnes le parlent, et 85,1 % des habitants du pays le déclaraient comme langue maternelle en 2024. La grammaire ignore le genre et l'article, décline sept cas et concentre dans le verbe jusqu'à huit morphèmes, les groupes de consonnes initiales déroutant les apprenants.

Alphabet mkhedruli

Trois écritures se sont succédé, l'asomtavruli, le nouskhouri et le mkhedruli. Cette dernière, en usage depuis le Moyen Âge, compte trente-trois lettres, ignore les majuscules et fait correspondre presque exactement chaque signe à un son. La culture vivante de ces trois systèmes figure depuis 2016 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'Unesco.

Russe et anglais

Le russe reste largement compris des générations scolarisées avant 1991 et sert encore dans le commerce et les taxis, 1,4 % des habitants le donnant pour langue maternelle en 2024, part en hausse de 18,6 % depuis 2014. Les moins de trente ans lui préfèrent l'anglais, première langue étrangère de l'enseignement public, d'usage courant dans les cafés du centre et les services aux étrangers.

Signalétique et traduction

Les plaques de rue, les panneaux routiers et les stations de métro portent une translittération latine à côté du géorgien, les annonces sonores du métro étant bilingues. Les moteurs de traduction automatique prennent en charge le géorgien, avec un module hors ligne et la reconnaissance de texte par appareil photo, la morphologie verbale produisant des rendus approximatifs.

Politesse et formes d'adresse

La salutation courante, gamardjoba, dérive du mot victoire, et le remerciement se dit madloba. Le vouvoiement s'accompagne des appellatifs batono pour un homme et kalbatono pour une femme, placés devant le prénom, y compris dans les échanges administratifs.

Médias en langues étrangères

Civil Georgia publie en géorgien, en anglais et en russe, tandis qu'Agenda, OC Media, JAMnews et Georgia Today couvrent le pays en anglais. Aucun titre francophone imprimé ne paraît sur place.

Apprentissage et minorités linguistiques

L'université d'État Ivané Djavakhichvili et plusieurs écoles privées ouvrent des cours de géorgien pour étrangers, du niveau débutant aux certifications. Les Azéris forment 6,8 % de la population du pays et les Arméniens 4,3 %, avec des écoles et des paroisses propres à Tbilissi. Le dispositif dit un plus quatre offre aux bacheliers de ces communautés une année préparatoire de géorgien avant l'entrée à l'université.